Commune de l'Ile d'Hoedic
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Une introduction à l'histoire d'Hoedic

L'abbaye de St Gildas et les premiers îliens

Hoedic est déjà habité durant la préhistoire ainsi que l'attestent les nombreux menhirs, dolmens et autres vestiges que l'on trouve en parcourant l'île. Mais après le passage des Vikings, vers l'an mil, les îles du Morbihan sont toutes désertées.

Au 11ème siècle le duc de Bretagne dote l'Abbaye de Saint- Gildas d'immenses propriétés dont les îles d'Hoedic et de Houat. Les moines y installent alors quelques familles de paysans de la presqu'île de Rhuys. Elles y feront souche, survivant de l'agriculture, de l'élevage et de la pêche, dans des conditions précaires mais qui, à l'époque, sont celles de toute la population du littoral breton. Saint Félix, le fondateur de l'abbaye de Rhuys, a pour compagnon Goustan qui deviendra patron d'Hoedic... mais à la fin du XIXème siècle seulement.

Quatre systèmes de fortification pour la défense des côtes

Hoedic et les Hoedicais ne rentrent vraiment dans l'Histoire que dans les dernières années du 17ème siècle. Lorsque Vauban réalise la citadelle du Palais à Belle-Île, il la complète de fortifications avancées sur Hoedic et sur Houat. Ces tours-batteries sont prises d'assaut et détruites une première fois par les Anglais en 1746. Le duc d'Aiguillon y substitue en 1758 de nouvelles fortifications. Celle d'Hoedic, inachevée, est abandonnée en 1759 à la suite du désastre naval des Cardinaux. Ces fortifications sont alors de nouveau détruites par les Anglais lors de l'expédition des Emigrés sur Quiberon en 1795.
Au milieu du 19ème siècle, les services de l'armée font construire de nouveaux forts au centre des deux îles. Achevés en 1853, ils sont aussitôt jugés inutiles et ne seront jamais occupés. Celui d'Hoedic est vendu à une entreprise qui l'utilisera comme magasin pour sécher et stocker le goémon acheté aux Hoedicaises qui en faisaient la collecte. Depuis 1979, il est la propriété du Conservatoire du littoral. Enfin, en 1939-1940, la Marine entreprend la construction d'une quatrième fortification qui devait comprendre quatre tubes d'artillerie implantés sur le plateau Est de l'île. Elle n'est pas achevée au moment de la débâcle de juin 1940 et ne le sera jamais. Il n'en subsiste que quatre blockhaus en béton. Pendant l'occupation, les Allemands n'incluent pas l'île dans leur Mur de l'Atlantique.

Les premiers prêtres sur Hoedic et Houat

A partir de 1693, la présence de petites garnisons détachées sur les fortifications de Vauban conduit le diocèse de Vannes à trouver un compromis avec l'Abbaye de Rhuys pour affecter un prêtre, comme desservant, sur chacune de ces îles. Les îles, demeurant propriétés de l'abbaye, ne peuvent être érigées en paroisses, et ces prêtres n'en sont donc pas les recteurs. Mais jusqu'à la Révolution Française, les moines ne vont guère y faire plus d'une visite annuelle pour y percevoir leur dîme sur les récoltes. La vingtaine de familles d'Hoedicais bénéficie donc maintenant de la présence à peu près permanente d'un prêtre, c'est à dire d'une personnalité à laquelle sa mission spirituelle assure un grand prestige et, au surplus, le seul homme sachant lire et écrire au milieu d'une population très primitive, abandonnée de tous sur le continent.

Hoedic et Houat érigées en paroisse

Durant la Révolution Française, l'abbaye de Rhuys subit le sort de toutes les abbayes : elle est supprimée et ses propriétés saisies comme biens nationaux. Lors de la création des communes en 1790, ni Hoedic ni Houat n'étant encore érigées en paroisses, les deux îles sont rattachées administrativement à la commune du Palais. C'est à l'occasion de la réorganisation du diocèse de Vannes, après le Concordat de 1801, que Hoedic et Houat deviennent des paroisses, mais sans que cela n'affecte leur statut administratif. Cependant, Belle-Île ne s'intéresse ni aux Hoedicais ni aux Houatais. Les deux îles sont mises en vente en 1796 sans trouver preneur.

Le Recteur Marion entre une souveraineté française et la présence anglaise

Pendant un quart de siècle, jusqu'à la chute de l'Empire, Hoedic et Houat constituent des sortes de territoires neutres tout en demeurant françaises. Chaque année, à la belle saison, elles sont sous le contrôle de bâtiments de la Navy, tandis que les autorités françaises ne s'y manifestent qu'exceptionnellement. En 1876, Jean Marion, un jeune prêtre doté d'une solide culture et d'une forte personnalité, a été affecté à Hoedic par le diocèse. Il devient l'unique autorité des deux communautés lorsque son confrère de Houat est emporté par le choléra en 1795 en soignant des survivants de l'expédition des émigrés. Dans ce contexte délicat, Jean Marion manœuvre habilement, selon les saisons, entre les officiers des bâtiments de la Navy et les autorités du continent. Peu à peu les autorités françaises finissent par le considérer comme l'unique administrateur des îles, faisant fonction d'adjoint spécial du maire du Palais, officier de l'état civil, syndic des gens de mer et, pour toutes questions, leur unique interlocuteur.

Une communauté autonome : la « Charte d'Hoedic »

Cette situation exceptionnelle conduit le Recteur Marion à élaborer toute une organisation pour régir la vie de ses îliens. Une sorte de « trésor paroissial » lui permet d'assurer les aides dont ont besoin ses îliens et d'entretenir un canot du recteur pour les liaisons entre l'île et le continent. Sa principale ressource est une « cantine » disposant du monopole de la distribution des produits acquis sur le continent grâce au « canot du recteur ». Cette même situation le conduit à organiser la vie sociale de ses paroissiens et à assurer pour eux le rôle tenu sur le continent par un notaire ou par un juge de paix. Après son départ, les anciens vont imposer au nouveau recteur de respecter cette organisation. Celui-ci décrit alors ces règles dans des notes qui seront exploitées par la suite sous la désignation abusive de « Charte d'Hoedic », comme s'il s'était agit d'un code de loi. Ce statut d'administrateur hérité de Jean Marion se perpétue à ses successeurs. Les autorités du continent sont trop heureuses de disposer pour Hoedic et Houat d'une solution de fait peu légale, mais efficace et gratuite.

Création de communes qui restent sous le contrôle des recteurs

Au début de la 3ème République, une petite coterie d'anticléricaux du conseil municipal du Palais s'engage dans une longue lutte pour mettre fin à ce qu'elle considère comme une scandaleuse théocratie. A cet effet, elle demande que les deux îles soient érigées en communes indépendantes. Il en résulte vingt années de luttes entre quelques républicains fanatiques du Palais et les recteurs d'Hoedic et de Houat, émaillées d'aventures rocambolesques. Une loi de 1891 décide finalement de l'érection des deux nouvelles communes, mais ce sont pourtant les Recteurs qui triomphent. Ils contrôlent toujours les seules ressources collectives, deviennent secrétaire de la mairie auprès de maires élus, sans doute légalement, mais aux fonctions purement virtuel-les. Cette situation va se proroger jusqu'en 1990, deux siècles après la création des communes.

La grande crise des années trente

Depuis la Révolution Française et pendant plus d'un siècle, Hoedic connaît un statut efficace d'autonomie sous autorité cléricale, mais ce statut se dégrade peu à peu au 20ème siècle. Une amélioration des conditions sanitaires des îliens se traduit par une pression démographique dont l'économie de l'île ne peut assurer la subsistance. L'agriculture, l'élevage et la pêche ont permis à environ deux cent cinquante âmes de vivre chichement sur l'île au siècle précédent. Mais cette population, montée à près de quatre cent cinquante personnes, y connaît dans les années trente la plus sombre misère. Après la Grande Guerre, les Hoedicais abandonnent l'agriculture. La pêche professionnelle, d'abord abondante dans les années d'après-guerre, traverse progressivement une crise profonde. Et en 1931, une des plus grandes tragédies maritimes a lieu dans l'embouchure de la Loire : le naufrage du Saint-Philibert. A l'image des paniques que l'on peut connaître aujourd'hui, les récits morbides de la presse se traduisent par une totale mévente des crabes et homards, première ressource des Hoedicais. En quelques mois un tiers des îliens fuient leur île pour échapper à la famine.

Le recteur Conan soutient la communauté pendant la Guerre

Complètement ruinée, toujours ignorée par le continent, la communauté hoedicaise est encore un peu plus isolée pendant les sombres années suivant la débâcle nationale de 1940. Les même causes produisant les mêmes effets, c'est à nouveau un Recteur, Auguste Conan, qui redevient le chef spirituel et administratif des îliens, comme l'a été Jean Marion durant la Révolution. Il rétablit la boutique paroissiale et redonne confiance à une communauté qui retrouve le chemin des jardins et même de quelques champs. Et de même que Jean Marion, il assure les relations avec les autorités françaises et allemandes qui seront en fait essentiellement représentées par des douaniers sur Hoedic. En 1943, pour éviter au jeunes menacés par la réquisition du STO, le recteur Conan reconstitue une activité factice de fabrication de soude par brûlage du goémon. L'armée allemande est peu présente ; en 1941 un détachement reste un mois pour servir une artillerie anti-aérienne, et en 1945, une escouade arrive de Belle-Île à seule fin de piller des vivres.

La modernisation et l'ère du tourisme

Au début des années 1960, la population est d'environ 200 personnes. Le continent se penche enfin sur le sort d'Hoedic et lui apporte le concours d'une modernisation technique : électricité, eau, port en eau profonde, assistance sanitaire et sociale, etc. Cependant, les recteurs restent les interlocuteurs locaux des diverses autorités continentales. Ce n'est qu'en 1990 que le diocèse de Vannes s'oppose à ce que le nouveau recteur affecté à la paroisse d'Hoedic s'immisce dans l'administration civile de l'île et de sa commune. L'île relève alors classiquement d'un conseil municipal et de son secrétariat relayé par l'appui d'un syndicat intercommunal. En une génération le contexte socio-économique de l'île s'est complètement renouvelé. La pêche professionnelle est en régression et peine à se renouveler. Les premiers touristes sont arrivés au début des années soixante, soit en investissant les dunes avec leurs tentes, soit dans des résidences secondaires. Celles-ci représentent aujourd'hui quatre vingt pour cent de l'habitat. Hoedic connaît encore aujourd'hui un sursaut d'activité huit semaines par an, mais peine à garder une population active permanente garante d'une vie locale authentique et animée.

 

 

 

 

Texte extrait du site internet de l'association MELVAN

 

 

  

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